Qui ne s'est jamais dit que le monde était parfois bien fait ? Un coucher de soleil, les courbures d'une femme, un horizon étoilé, une mélodie touchante, un panorama de forêt, un macaron à la framboise, autant de choses qui nous poussent à nous dire : tout ce bordel qu'est la vie est quand même dans l'ensemble assez bien foutu, et il serait pas déraisonnable de penser qu'on puisse arriver à être relativement heureux sur cette Terre et à toucher par instants la grâce de l'existence.
Néanmoins, il arrive que l'on se dise l'inverse, que l'on se mette à penser que toutes les bonnes choses de la vie sont associées à des disconvenues : le sexe apporte les MST, les desserts et le chocolat font grossir, la belle voisine est diaboliquement canon mais ne veut pas de vous, la drogue fait planer mais est mauvaise pour la santé, conduire vite est grisant mais potentiellement mortel, les métiers qui paient le mieux sont les plus chiants, les voitures c'est stylé mais seulement à partir de 40 000 $ ... On continue ainsi la liste jusqu'à se dire que la guerre est inéluctable, que l'homme va à terme détruire son environnement et tuer ses semblables, que tout est foutu, et que dans l'ensemble, comme dirait notre bon vieux Boris Yellnikoff, "people make life so much worse than it has to be. On the whole, we're a failed species".
Je suis un peu dans une passe "la vie est globalement un putain de fiasco". En ce moment, c'est les vacances, et je profite un peu de ce temps libre pour me poser une journée ou deux et réfléchir à mon orientation d'études, et notamment mon choix de master à Sciences Po.
Il faut savoir qu'anxieux comme je suis, l'orientation et le choix d'un métier m'ont toujours stressé et préoccupé. Dès le collège, je me triturais l'esprit pour décider quelles étaient mes matières préférées, je surfais sur le net pour me renseigner sur les différents secteurs d'activité. En Seconde, j'ai commencé à affirmer mon côté littéraire, mon goût pour l'écriture et le français, j'ai commencé ce blog, je me suis davantage intéressé à l'actualité, et c'est depuis ce jour que j'ai décidé de faire journaliste. Au départ, c'est d'ailleurs pour ça que j'ai fait Sciences Po. Mais, et c'est là que le bât blesse, ce secteur, un des seuls qui me passionne vraiment et m'a toujours intéressé de loin comme de près, est en complète crise. Et moi de me dire "mais ù!$£#? il a fallu que le seul qui m'intéresse vraiment n'ait aucun débouchés ? mârdeuh !".
Plus jeune je voulais faire pianiste. Tu parles d'un métier, plus précaire tu meures, socialement, ça ne correspond à rien, et je risquais de terminer en vieux prof de conservatoire blasé et sous-payé.
Aujourd'hui, c'est le journalisme, et on m'apprend qu'il n'y a aucun débouchés, et quand bien même j'intègre l'école de journalisme de Sciences Po (ce qui est loin d'être évident, avec un taux de sélection entre 15 et 20 % pour les étudiants du premier cycle), je serai en gros condamné à faire des piges pendant 10 ans avant d'avoir le moindre CDI (pas si DI que ça).
Appelons ça la fatalité. Toujours est-il que maintenant, je me mets à diaboliser tous les autres métiers, genre « non mais OK, quoi que je fasse d'autre ça ne sera que le résultat de ce tragique destin, donc ça sera un métier chiant qui va brider les potentialités créatrices et littéraires qui résident en moi, et je vais finir comme tous les gentils ptits cadres supérieurs chauves en instance de divorce, qui se disent soudain à 50 ans qu'ils ont raté leur vie et qu'ils auraient dû écouter leur instinct et leurs passions étant jeune au lieu d'avoir peur et de se soucier de la sécurité de l'emploi ou de la rémunération ». Donc je ne sais pas, je suis en plein dilemme. Evidemment, qu'il existe sûrement d'autres domaines où je me plairais sûrement, et avec beaucoup plus de débouchés. Mais ne dois-je quand même pas me lancer dans ce que je veux VRAIMENT, et être sûr et certain d'aimer mon métier et de vivre une passion, au risque de galérer plusieurs années ? Et en même temps, qu'est-ce que je connais du monde du journalisme ?
Ecouter son c½ur ou sa raison ... Zat is ze qouechtieune. Faire des choix, c'est dur, surtout lorsqu'ils détermineront toute votre vie future ...