Agoravox, Wikipedia, Rue89, Mediapart, la blogosphère, les sondages du Figaro, les commentaires du monde.fr : le média participatif ou « citoyen » est en pleine floraison sur le net, Internet qui d'ailleurs est par essence participatif, se construisant peu à peu par les apports de ses utilisateurs : avec un bon milliard d'utilisateurs, le net a jamais été aussi riche, on peut y trouver à peu près tout sur n'importe quoi.
Les modèles éditoriaux de ces médias décentralisés sont-ils efficaces et légitimes ?
Ces moyens d'expression d'un genre nouveau, liés à l'émergence du Web 2, répondent en tout cas au besoin des citoyens de s'impliquer davantage dans l'actualité en exprimant leurs points de vue, en suscitant des débats publics argumentés. Ces sites participatifs préfigurent donc une nouvelle forme éditoriale, non plus centralisée autour d'un modèle pyramidal mais fonctionnant sur un modèle réticulaire, où chaque individu est à la fois consommateur et producteur du média. Le média participatif signifie-t-il la faillite du médium traditionnel ?
Je me demande si le fait qu'on tende vers un « demain, tous journalistes » est une bonne chose.
Je veux dire, on nourrit pas mal de vieux fantasmes là-dessus, le citoyen-journaliste, la fin du journalisme, mais également dans l'autre sens : la piètre qualité journalistique de la production des non-journalistes.
C'est vrai que quand on lit les commentaires sur les articles, finalement on se rend compte que pas mal d'entres eux sont inintéressants, ou alors juste drôles. Certes il y a d'excellents commentaires, et par exemple la blogosphère aura fait émerger d'excellents blogueurs comme Presse-Citron, mais globalement, ça ne vole pas haut. Cela peut recueillir des contenus intelligents tout comme de la grosse merde. On est tous excités à l'idée de proposer une tribune aux citoyens, mais force est de constater que l'on n'a pas encore trouvé ce fameux journaliste amateur, ce journaliste « citoyen ». Faut arrêter de déconner les enfants : journaliste, c'est un métier, d'ailleurs de plus en plus difficile (mais c'est un autre sujet), une occupation à plein temps.
En plus je me dis que le débat écrit n'est pas à la portée de tout le monde. C'est souvent le domaine d'une élite. On pourrait toutefois rétorquer que justement la démocratisation de l'info pourrait apporter une bouffée d'oxygène à cette sphère élitiste.
J'aime bien certaines émissions de radio sur l'actualité socio-économique, qui, bien conduites, mettent en valeur de bonnes participations, et des questions pertinentes, souvent de professeurs, ou de spécialistes auditeurs comme les autres.
Parfois aussi, c'est important d'avoir non pas tant des analyses que des témoignages, sans opinions. Cela apporte une image concrète, brute du réel. C'est toute la valeur du partage d'expériences. Mais pour cela il faut un travail de mise en valeur de cette participation, d'animation, d'accompagnement. La participation, je pense que ce n'est pas le journalisme citoyen, mais plutôt le journaliste qui voit le non-journaliste comme source d'information, plus vivante et proche de la réalité et du quotidien de l'audience.
Juste une page de commentaires, en friche, c'est inutile. Il faut formater, éditer, animer, lui donner une vraie valeur informative. Ne pas supprimer les commentaires, donc, mais promouvoir les meilleurs par exemple, dans la mesure où il y a de tout dans les commentaires, du plus lumineux au plus nul, du drôle au plus agressif, du plus informé au plus naïf.
On va de toute façon dans le sens d'une démocratisation de l'info, et le participatif multiplie les sources d'information. Les journalistes devraient-ils simplement filtrer et vérifier l'information, plutôt que de la produire et de la rédiger ? Je pense que le journalisme est un artisanat rigoureux qui consiste à recouper, à vérifier, à filtrer et contextualiser pour donner de la valeur informative à un fait. Est-ce possible dans un média participatif ?
Et vous ? Les expressions « intelligence collective et « participation populaire » vous parlent-elles ? Comment s'y retrouver dans le boxon du média participatif ?
Ce qui est sûr, c'est que cette vision citoyenne de l'info revisite complètement les codes du journalisme.
Les modèles éditoriaux de ces médias décentralisés sont-ils efficaces et légitimes ?
Ces moyens d'expression d'un genre nouveau, liés à l'émergence du Web 2, répondent en tout cas au besoin des citoyens de s'impliquer davantage dans l'actualité en exprimant leurs points de vue, en suscitant des débats publics argumentés. Ces sites participatifs préfigurent donc une nouvelle forme éditoriale, non plus centralisée autour d'un modèle pyramidal mais fonctionnant sur un modèle réticulaire, où chaque individu est à la fois consommateur et producteur du média. Le média participatif signifie-t-il la faillite du médium traditionnel ?
Je me demande si le fait qu'on tende vers un « demain, tous journalistes » est une bonne chose.
Je veux dire, on nourrit pas mal de vieux fantasmes là-dessus, le citoyen-journaliste, la fin du journalisme, mais également dans l'autre sens : la piètre qualité journalistique de la production des non-journalistes.
C'est vrai que quand on lit les commentaires sur les articles, finalement on se rend compte que pas mal d'entres eux sont inintéressants, ou alors juste drôles. Certes il y a d'excellents commentaires, et par exemple la blogosphère aura fait émerger d'excellents blogueurs comme Presse-Citron, mais globalement, ça ne vole pas haut. Cela peut recueillir des contenus intelligents tout comme de la grosse merde. On est tous excités à l'idée de proposer une tribune aux citoyens, mais force est de constater que l'on n'a pas encore trouvé ce fameux journaliste amateur, ce journaliste « citoyen ». Faut arrêter de déconner les enfants : journaliste, c'est un métier, d'ailleurs de plus en plus difficile (mais c'est un autre sujet), une occupation à plein temps.
En plus je me dis que le débat écrit n'est pas à la portée de tout le monde. C'est souvent le domaine d'une élite. On pourrait toutefois rétorquer que justement la démocratisation de l'info pourrait apporter une bouffée d'oxygène à cette sphère élitiste.
J'aime bien certaines émissions de radio sur l'actualité socio-économique, qui, bien conduites, mettent en valeur de bonnes participations, et des questions pertinentes, souvent de professeurs, ou de spécialistes auditeurs comme les autres.
Parfois aussi, c'est important d'avoir non pas tant des analyses que des témoignages, sans opinions. Cela apporte une image concrète, brute du réel. C'est toute la valeur du partage d'expériences. Mais pour cela il faut un travail de mise en valeur de cette participation, d'animation, d'accompagnement. La participation, je pense que ce n'est pas le journalisme citoyen, mais plutôt le journaliste qui voit le non-journaliste comme source d'information, plus vivante et proche de la réalité et du quotidien de l'audience.
Juste une page de commentaires, en friche, c'est inutile. Il faut formater, éditer, animer, lui donner une vraie valeur informative. Ne pas supprimer les commentaires, donc, mais promouvoir les meilleurs par exemple, dans la mesure où il y a de tout dans les commentaires, du plus lumineux au plus nul, du drôle au plus agressif, du plus informé au plus naïf.
On va de toute façon dans le sens d'une démocratisation de l'info, et le participatif multiplie les sources d'information. Les journalistes devraient-ils simplement filtrer et vérifier l'information, plutôt que de la produire et de la rédiger ? Je pense que le journalisme est un artisanat rigoureux qui consiste à recouper, à vérifier, à filtrer et contextualiser pour donner de la valeur informative à un fait. Est-ce possible dans un média participatif ?
Et vous ? Les expressions « intelligence collective et « participation populaire » vous parlent-elles ? Comment s'y retrouver dans le boxon du média participatif ?
Ce qui est sûr, c'est que cette vision citoyenne de l'info revisite complètement les codes du journalisme.